À quelques semaines de la sortie de GTA 6, Rockstar Games vient de clarifier sa position concernant le modding de ses jeux. Publiées le 10 septembre dernier dans les ressources communautaires de l’entreprise, ces nouvelles directives imposent des limites particulièrement importantes aux créateurs. Si les mods ne sont pas totalement interdits, une partie des projets qui ont accompagné GTA et Red Dead Redemption pendant des années pourrait désormais se retrouver directement menacée.
Rockstar pose de nouvelles limites au modding
Dans ses directives, Rockstar demande aux créateurs de ne pas prolonger ou modifier les histoires, les missions, les personnages et les autres éléments appartenant à la continuité officielle de ses jeux. Une formulation particulièrement large, qui pourrait concerner de nombreux scénarios créés par des fans ou des extensions narratives destinées aux modes solo.
L’entreprise interdit également de transférer des cartes, des personnages, des intrigues ou différentes ressources d’un jeu Rockstar vers un autre. Les projets permettant par exemple de visiter une ancienne ville de la licence GTA dans un épisode plus récent sont donc directement concernés.
Rockstar ne souhaite pas non plus voir ses jeux portés sur des consoles ou des appareils sur lesquels ils ne sont jamais officiellement sortis. Les portages communautaires de GTA V sur Nintendo Switch, Wii ou GameCube se retrouvent ainsi clairement en dehors du cadre fixé par l’entreprise.
Les directives encadrent également l’utilisation des doublages, des marques, des musiques et de l’apparence de personnes réelles. Les cryptomonnaies, NFT, loot boxes, monnaies virtuelles vendues contre de l’argent réel et autres mécaniques assimilables aux jeux d’argent sont également interdits.
Difficile de ne pas penser à l’économique des serveurs RP et leurs boutiques pour des cosmétiques, ou bonus dans le jeu, contre de l’argent réel.
Les mods solo ne sont pas totalement bannis
Ces règles ne signifient pas pour autant la disparition complète du modding. Les modifications solo qui changent les graphismes, les performances, les véhicules ou certaines mécaniques de gameplay semblent toujours tolérées, tant qu’elles restent non commerciales et ne perturbent pas les services en ligne de Rockstar.
La différence est que cette tolérance possède désormais des limites beaucoup plus précises. Les créations narratives, les restaurations de contenus et les projets mélangeant plusieurs jeux Rockstar deviennent particulièrement exposés.
Le Liberty City Preservation Project constitue un exemple parlant. Après plusieurs années de développement, cette création était parvenue à transférer la carte de GTA IV dans GTA V, avec ses habitants, ses transports et différents systèmes de jeu. Le projet avait finalement été retiré en janvier 2025 après des échanges entre ses développeurs et Rockstar. Avec les nouvelles directives, une création similaire serait désormais explicitement contraire aux règles affichées par l’entreprise.
Rockstar veut-il contrôler son futur écosystème ?
Cette décision s’inscrit surtout dans une stratégie amorcée depuis plusieurs années. En 2023, Rockstar a racheté Cfx.re, l’équipe derrière FiveM et RedM, deux plateformes ayant largement participé à l’explosion des serveurs roleplay, GTA RP, sur GTA V et Red Dead Redemption 2.

L’entreprise a ensuite lancé Cfx Marketplace en janvier 2026. Cette boutique officielle permet aux créateurs sélectionnés de proposer gratuitement ou de vendre des cartes, scripts, personnages, véhicules et autres contenus destinés à FiveM et RedM.
Dans le même temps, les plateformes multijoueur concurrentes alt et RAGE ont dû mettre fin à leurs activités à la demande de Take-Two, une société de distribution. Leurs équipes ont indiqué que FiveM était désormais considéré comme l’unique plateforme autorisée pour le modding multijoueur de GTA V.
Rockstar ne semble donc pas vouloir supprimer toutes les créations communautaires. L’entreprise cherche plutôt à centraliser cet écosystème autour de ses propres plateformes, avec la possibilité d’en contrôler les contenus et la monétisation.
Quel avenir pour GTA 6 RP ?
La question se pose évidemment pour GTA 6, dont la sortie est prévue le 19 novembre 2026 sur PlayStation 5 et Xbox Series. Aucune version PC n’a encore été officiellement annoncée, mais son arrivée semble presque incontournable pour l’avenir de GTA RP, dont l’écosystème repose aujourd’hui largement sur FiveM.
De nombreux créateurs et créatrices de contenu stream quotidiennement sur twitch leurs sessions de GTA RP. Parmi les figures francophones régulièrement associées à cette communauté, on retrouve notamment JLTomy, Aenot ou encore HeavenFox.
D’autres influenceurs, comme Domingo ou Kameto, y ont fait des passages plus ponctuels, mais qui n’ont pas manqué de marquer les esprits.
Au-delà d’une communauté de passionnés et d’un véritable divertissement suivi par des milliers de spectateurs, GTA RP représente également une économie importante. Accès prioritaires, abonnements, dons, scripts, éléments personnalisés ou frais d’hébergement… Les sources de revenus peuvent être nombreuses pour les serveurs les plus populaires.
Avec ses différentes règles sur le modding, Rockstar ne semble pas vouloir faire disparaître GTA 6 RP. L’entreprise paraît plutôt chercher à reprendre le contrôle de son développement et de sa monétisation.
FiveM appartenant désormais à Rockstar, l’expérience proposée aux joueurs, mais aussi l’économie construite autour de ces serveurs, pourraient totalement changer avec l’arrivée de GTA 6.
En attendant, Nexus Mods pourrait bien tirer profit de ce durcissement. Comme nous l’expliquions dans notre article consacré au rapprochement entre Nexus Mods et SteamDB, la plateforme pourrait avoir une véritable carte à jouer.
Et vous, pensez-vous que les nouvelles restrictions imposées par Rockstar pourraient transformer l’avenir de GTA RP ?

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