Halloween: The Game est un slasher signé IllFonic, un studio américain spécialisé dans ce genre d’expérience, notamment connu pour Predator: Hunting Grounds et son travail sur Evolve. Le projet bénéficie donc d’un solide savoir-faire dans le domaine du jeu asymétrique… Et pourtant, malgré certains aspects très prometteurs, Halloween: The Game donne parfois l’impression d’être encore en bêta.
- Avant-propos
- Contexte
- Un mode solo dérangeant
- L’ambiance
- Level design
- Un large éventail de cachettes
- Des échappatoires risquées
- Les zones plus ouvertes
- Des centres d’intérêt dispersés
- Un véritable terrain de jeu pour Michael Myers
- Les limites du level design
- Gameplay multijoueur
- Du côté de Michael Myers
- Du côté survivant
- Un équilibre mal dosé
- Le chat vocal de proximité
- De nombreuses mécaniques pas expliquées
- Des problèmes qui gâchent l’expérience
- Aspect technique
- Conclusion
Avant-propos
Obtention du jeu : clé presse
Jeu terminé en normal
Nombre d’heures : environ 13h, dont 11h en multi
Audio : VOSTFR
Le nombre d’heures passées sur le jeu est relativement faible, mais comme nous allons le voir, ce n’est pas tant un problème de volonté. Pour ce test d’Halloween: The Game, c’était suffisant pour faire le tour des différents contenus et se rendre compte de ce qui fonctionne bien, mais aussi des problèmes bien trop nombreux rencontrés sur une session pourtant pas si longue.
Pour ce test, nous allons remplacer la traditionnelle section narration par l’ambiance proposée par le jeu. De la même manière, nous n’incluons habituellement pas la note technique dans le résultat final, afin de ne pas gonfler artificiellement les notations. Ici, ce sera malheureusement nécessaire car il s’agit d’un réel défaut. Enfin, nous noterons le mode solo et le mode multijoueur séparément.
Contexte
Le jeu se déroule en 1978. Michael Myers est enfermé dans l’asile psychiatrique de Smith’s Grove. Après une altercation avec un gardien, il parvient à s’enfuir de l’asile avec plusieurs autres patients. Sans tarder, le docteur Loomis arrive sur place et, avec l’aide de la police, tente de le retrouver et de l’arrêter.

Trop tard, Michael Myers s’est enfui et retourne à Haddonfield, sa ville natale.
Un mode solo dérangeant
Le mode solo d’Halloween: The Game est très court et prend davantage le rôle d’un gros didacticiel que celui d’une aventure à part entière. Sauf que même en tant que didacticiel, il échoue sur plusieurs aspects.
Un didacticiel pas très clair
Dès les premières minutes, le jeu vous met face à vos premiers gardes, qu’il faudra approcher sans être vu pour les assassiner. Le premier problème est que tout le système d’apprentissage est pensé à l’envers. Par exemple, l’explication de la traque passive, où il est indiqué qu’il faut observer votre prochaine victime, met le jeu en pause.
Inversement, une fois dans l’action, quand vous attrapez le garde, tout se déroule directement en situation réelle. Le jeu ne se met pas en pause et ne laisse pas vraiment le temps de lire correctement les indications.

L’autre problème est que les indications elles-mêmes ne sont pas toujours très claires sur les actions à effectuer et les différentes conditions à remplir. Ce problème se répète tout au long de l’aventure solo, ce qui mène parfois à tout simplement ignorer les messages et avancer à notre manière sans vraiment en apprendre davantage.
Malgré cette première difficulté, le mode solo reste un peu dénué d’intérêt, bien que le malaise provoqué par le scénario soit particulièrement réussi.
Une expérience malaisante
IllFonic réussit à donner un côté très dérangeant à l’expérience d’Halloween: The Game, parfois même trop.
Dans la peau de Michael Myers, les victimes ne se résument pas aux shérifs, mais sont bel et bien des personnes totalement innocentes. Les différentes mises en scène pèsent sur la conscience des joueurs et joueuses lorsque le moment de donner le coup fatal arrive.

Si, à petite dose, cela pourrait rester acceptable, le fait d’enchaîner les mêmes missions consistant à massacrer des innocents de manière parfois très gore finit par rendre l’expérience repoussante.
Une fois de plus, difficile ici de le voir comme un défaut puisque l’objectif est justement de nous mettre dans la peau d’un tueur en série complètement fou.
Halloween: The Game propose une aventure brutale et marquante par la folie inhumaine de Michael Myers.
Cependant, cela ne rend pas pour autant l’aventure agréable, d’autant qu’il manque une séquence où l’on jouerait un survivant ou un shérif chargé de traquer Michael Myers.
Bien que le mode solo peine à réellement donner de l’intérêt au jeu, l’ambiance a été soignée.
L’ambiance
Lors de notre test d’Halloween: The Game, l’ambiance du jeu s’est nettement démarquée du reste. Nous parlons ici du mode solo comme du mode multijoueur. Si les graphismes restent dans la moyenne des standards actuels, ils sont très bien rattrapés par la direction artistique.
Une direction artistique semblable au film
Visuellement, c’est un voyage réussi dans les années 70. Que ce soit dans le style des différents personnages, avec les fameux jeans pattes d’éléphant, les coupes de cheveux et les tenues propres à ces années-là, mais aussi dans la représentation de la ville.
Entre les néons, les télévisions, les grosses radios, les canapés en cuir, les intérieurs de maisons très colorés et les voitures de cette époque, difficile de ne pas apprécier la direction artistique du jeu.

Rien n’a été laissé au hasard et tout semble avoir été très bien pensé. L’ambiance même du film Halloween, la nuit des masques est parfaitement retranscrite. De quoi ravir les fans.
Pour autant, la tension est toujours palpable. Le juste équilibre entre les zones partiellement éclairées et le léger brouillard ambiant rend l’ensemble peu rassurant. Par ailleurs, même les éclairages intérieurs que l’on peut allumer ou éteindre n’apportent qu’une bien maigre sérénité, mais que l’on ne refusera tout de même pas !
Pour ce qui est d’Haddonfield, elle est représentée comme une petite ville pavillonnaire américaine typique, calme en apparence, presque chaleureuse, ce qui rend la présence de Michael Myers encore plus dérangeante et marquante par le contraste.
Un sound design qui fait le job
Autre point crucial dans un slasher, le sound design est plutôt réussi. Bien qu’il n’y ait rien de révolutionnaire, cela n’en reste pas moins efficace.
L’alternance entre les moments de silence, où le vent et la respiration de notre personnage nous accompagnent dans notre survie, fonctionne très bien. Le curseur est placé de manière à ce que cela ne soit pas gênant, mais suffisamment présent pour garder le joueur ou la joueuse dans un état de stress.
Lorsque Michael Myers est proche de vous, il ne sera pas nécessaire de le voir pour le savoir.
Sa respiration, presque obsédante, s’entend à quelques mètres. Il n’en faudra pas davantage pour abandonner tout ce que l’on fait et courir aussi vite que possible ! D’ailleurs, dès qu’il nous poursuit, la musique emblématique d’Halloween ne vient pas calmer les choses… Loin de là.
Les différents doublages sont plutôt réussis, et la panique se ressent dans les voix. Les cris et les hurlements ne laisseront pas stoïque.
Enfin, même dans le sound design, IllFonic est resté cohérent avec sa direction artistique des années 1970. Les radios ou les télévisions, par exemple, reproduisent un son typique de cette époque, tout comme les lourdes portières grinçantes des voitures.
Level design
L’ambiance d’Haddonfield est donc réussie, reste à savoir si, en tant que terrain de jeu, elle remplit son rôle. Si l’on compare Halloween: The Game avec Dead by Daylight, c’est principalement ici que la différence opère.
Les quatre cartes proposent une certaine variation, certaines reprennent l’idée d’une banlieue résidentielle américaine, tandis que d’autres sont des zones plus rurales, voire industrielles.
Les différentes cartes sont particulièrement bien construites, rendant la balade en dehors des bâtiments risquée.
Un large éventail de cachettes
Toutes les cartes sont composées de différents bâtiments explorables, où de nombreux objets sont à trouver. Le traditionnel placard est bien évidemment omniprésent et vous permettra, peut-être, de passer inaperçu face à Michael Myers.
Les nombreuses voitures ne sont pas que décoratives, il est possible de rentrer dedans pour chercher des objets, mais aussi pour se cacher.

Aussi, certaines maisons comportent tellement de pièces qu’il sera tout à fait possible de feinter Michael Myers. On retrouve un peu la même mécanique en extérieur, avec de nombreux recoins cachés derrière des ateliers ou entre deux bâtiments.
Des échappatoires risquées
Beaucoup de prises de décision deviennent risquées grâce au level design. Dans la précipitation, il sera par exemple tentant d’entrer dans le premier bâtiment que l’on croise pour essayer de se cacher… Sauf que si cette porte est fermée et qu’elle se situe sur un porche entouré de barrières, la suite risque d’être peu optimiste pour le survivant.
On retrouve le même dilemme avec de nombreuses fenêtres qui donnent sur de petits couloirs où il n’y a que très peu d’échappatoires. Même chose avec certaines barricades en bois, où il est possible de se faufiler à travers un trou… Sans savoir ce qui nous attend derrière.
Halloween: The Game propose également des véhicules pour fuir. Nous verrons plus en détail leur fonctionnement dans la partie gameplay, mais les vélos, par exemple, apportent un vrai confort lorsque l’on en trouve un, au prix d’énormes indications sonores données à Michael Myers.
Les zones plus ouvertes
Ces vélos permettront notamment de traverser les grandes zones plus plates et plus ouvertes des cartes, car elles sont loin d’être rassurantes.
Bien que la vue soit suffisamment dégagée, le jeu est pensé de manière à vous faire sentir plus en sécurité dans un bâtiment qu’en extérieur. Chaque traversée se fait avec beaucoup de vigilance et d’attention, notamment à chaque silhouette que l’on distingue dans la brume.
Des centres d’intérêt dispersés
De par son fonctionnement, Halloween: The Game vous pousse à vous rendre dans les différentes maisons, soit pour aider les habitants ou passer des appels, mais aussi dehors pour trouver des outils ou s’échapper définitivement.

Autrement dit, le level design vous pousse à vous balader et à prendre des risques.
Un véritable terrain de jeu pour Michael Myers
Halloween: The Game réussit un nouveau pari ici, en renforçant l’idée de la folie de Myers. En effet, si du côté survivant les interactions avec l’environnement se limiteront surtout aux déplacements, aux cachettes et au verrouillage des portes, il y a beaucoup plus de possibilités pour le tueur en série.
En fonction de l’endroit où vous vous situez avec Myers et sa victime, l’animation de l’exécution ne sera pas la même. Dans un atelier, il utilisera les outils à sa disposition. Il pourra aussi se servir d’un frigo, de clous sur un poteau, d’un banc de musculation… Bref, les possibilités sont multiples et renforcent l’aspect “jeu” du côté tueur.

Ce n’est pas tout, si des survivants se sont regroupés dans une maison pour passer un appel à la police, Myers pourra à la fois couper la ligne téléphonique mais aussi le courant électrique de la maison. De quoi faire paniquer les opposants.
Mais c’est aussi là que l’on atteint les limites du level design… Qu’en est-il des survivants ?
Les limites du level design
Étonnamment, les survivants n’ont aucun moyen de repousser Myers avec les décors. Certes, le vélo est un moyen de lui échapper, mais en dehors de ça, il faudra faire avec les moyens du bord. C’est-à-dire pas grand-chose pour se débarrasser temporairement du croquemitaine si vous n’avez pas un bon loot.
Bien que le level design soit globalement réussi, il est difficile de comprendre pourquoi certains bâtiments sont présents mais non explorables. C’est non seulement un problème parce que cela ressemble surtout à du remplissage visuel, mais aussi parce que l’on peut vite se retrouver dépourvu de solution quand on se rend compte, trop tard, que ce n’est que de la décoration.
Enfin, certaines cartes comportent de larges bordures qu’il est impossible de franchir, alors que leur hauteur laisse penser le contraire. Ce choix est difficilement compréhensible dans un jeu où l’on passe son temps à fuir. Ces obstacles deviennent rapidement trompeurs et particulièrement frustrants, sans que cette limitation semble répondre à une véritable logique.
Gameplay multijoueur
Le gameplay d’Halloween: The Game a de bonnes intentions, mais il est parfois mal exécuté, laissant place à des situations qui peuvent se révéler aussi drôles que frustrantes.
Comme expliqué dans la partie level design, sur la carte se trouvent différents points d’intérêt. En tant que jeu asymétrique, les deux camps n’auront donc pas les mêmes objectifs ni les mêmes conditions de victoire.
La force du gameplay réside principalement dans les événements qui se déroulent durant la partie, notamment via les PNJ.
Avant de continuer, faisons un récapitulatif de chaque gameplay.
Du côté de Michael Myers
Michael Myers devra assassiner un maximum de personnes, y compris les joueurs, pour gagner. Parmi ces personnes, il y a des PNJ qui seront des cibles prioritaires pour Myers et qui lui rapporteront plus de points.
Pour ce faire, le croquemitaine dispose de plusieurs capacités, notamment le Shape Jump, qui lui permet de se déplacer très rapidement, de voir des halos lumineux lui indiquant les cibles prioritaires, le tout en étant invisible. Il peut également traverser les portes qui ne sont pas fermées à clé ainsi que quelques petites barrières. Cette capacité est soumise à un temps de recharge et ne pourra être utilisée que lorsqu’il n’est pas dans le champ de vision d’un personnage, ni dans la lumière.

Il a également des capacités secondaires, dont une qui permet l’utilisation du Shape Jump à n’importe quel moment, sans condition. Une autre lui permet de créer une sorte de grosse coupure électrique temporaire, allant jusqu’à couper le moteur des voitures ou même faire tomber un survivant de son vélo. C’est d’ailleurs ici un vrai problème car il n’y a aucune logique à rendre l’utilisation du vélo impossible.
Pour finir, Michael Myers est intuable. Il peut tomber, mais finira systématiquement par se relever.
Pour repérer les cibles, il faudra observer partout mais aussi se fier aux différents sons qui seront perceptibles grâce au Killer Sense. Vous pourrez tout entendre, y compris les sons des radios et des télévisions…
Tout comme les survivants, il est possible de ramasser des armes, à l’exception des utilitaires aveuglants, des soins et des armes à feu. Ce qui signifie qu’à distance, il pourra par exemple vous envoyer une fourche en plein torse.
Pour assassiner les victimes, il est possible de les frapper de manière classique avec une arme ou d’effectuer une prise qui entraînera un QTE pour finir la cible.
Aussi, en observant ses victimes grâce au Killer Sense, Michael Myers fait monter son niveau de traque, ce qui permet ensuite de débloquer certaines exécutions plus violentes selon l’environnement.
De la même manière, il existe une notion de soif de sang, qui augmente au fil des meurtres et des diverses actions de Myers. Lorsque la jauge est remplie, il devient alors possible d’utiliser d’autres éléments de l’environnement.
Le fait de pouvoir cacher les cadavres est une fonctionnalité intéressante, mais mal exploitée. En réalité, cela sert surtout à empêcher les survivants qui les découvriraient de gagner des points. La mécanique aurait pourtant pu être approfondie, avec des shérifs plus ou moins agressifs en fonction des preuves trouvées.

Bien que sur le papier, cela semble fonctionner, la réalité est pourtant bien différente. Même s’il est possible d’arrêter temporairement Michael Myers, quand on l’incarne, on est tout simplement invincible. Si bien que même lorsque les habitants sont regroupés avec des shérifs autour d’eux, il est tout à fait possible de rentrer dans le tas pour attraper quelqu’un.
Par ailleurs, pendant les animations d’assassinat de Michael Myers, il ne reçoit aucun dégât, renforçant davantage un gameplay rentre-dedans sans grande subtilité.
Face à cette situation difficile à vivre pour les survivants, la stratégie employée est souvent la même : tout le monde prend une arme à feu, une hache ou une torche, et le slasher devient une sorte de combat de catch où tous les coups sont permis. Une fois Michael à terre, il faut espérer réussir à l’arrêter.
Il en résulte un gameplay bien triste pour Myers, qui se retrouve à tomber en boucle, et un gameplay plutôt drôle du côté survivant, dans lequel le croquemitaine devient un punching-ball collectif. Bien loin du slasher qu’Halloween: The Game est censé être, le jeu devient comique.
Du côté survivant
Les survivants ont davantage d’actions possibles, et c’est principalement de ce côté que le jeu révèle tout son potentiel.
Leurs objectifs sont multiples. Un survivant peut tout à fait réussir à s’évader très rapidement… Mais s’il a été trop égoïste et qu’il n’a aidé personne, son score restera très faible et son impact sur la partie sera quasiment nul.
Énormément d’habitants, des PNJ, se baladent ou sont simplement chez eux. Il faudra alors interagir avec eux et les convaincre, au travers de QTE, qu’ils sont en danger. Une fois ceci fait, ils écouteront nos ordres et il sera alors possible de leur demander de nous suivre, de les envoyer se cacher de manière autonome, d’utiliser un téléphone pour appeler la police ou encore de s’échapper lorsque cela est possible.

Une fois découverts, les habitants apparaissent sur la minicarte et il sera possible de les retrouver pour leur donner de nouveaux ordres si besoin.
Les survivants peuvent eux aussi appeler la police, grâce aux téléphones qui se trouvent dans les maisons, mais aussi via les cabines téléphoniques présentes dans les rues de certaines cartes. Plus les survivants passent des appels, plus la présence de la police se renforce, à l’instar d’un GTA, et les shérifs ouvriront le feu sur Myers s’ils l’aperçoivent… Enfin, nous y reviendrons.
Évidemment, toutes les interactions pourront indiquer votre position à Myers. Il sera donc préférable de sécuriser les lieux et d’être le plus rapide possible.
Par ailleurs, tout en aidant les habitants, il faudra aussi trouver du loot disponible un peu partout dans les maisons. Non seulement des armes, mais aussi de quoi réparer une voiture disponible sur la carte, qui peut vous permettre de vous enfuir, ou encore de quoi ouvrir une trappe.
Plusieurs survivants sont disponibles, et chacun possède des capacités propres, comme la possibilité de crocheter une serrure par exemple. Là où ça se complique, c’est que les survivants ont une barre d’endurance qui s’épuise lors des sprints, mais aussi quand ils donnent des coups. Une fois l’endurance épuisée, le personnage se met parfois à tituber, s’arrête presque d’avancer, et les QTE pour repousser la prise de Myers deviennent nettement plus complexes.
Un équilibre mal dosé
Le gros problème ici, c’est qu’au global, le gameplay est très mal équilibré. En début de partie, quand les habitants sont séparés et quasiment pas équipés, ils sont des victimes faciles pour le croquemitaine. À l’inverse, plus la partie s’éternise, plus Myers est susceptible de devenir un exutoire pour eux.
Aussi, la capacité de Myers à utiliser son Shape Jump n’importe quand lui assure pratiquement un meurtre à chaque utilisation… Ce qui peut rendre la partie frustrante pour le survivant.
À l’inverse, si les habitants sont bien organisés, il sera pratiquement impossible pour Myers de les approcher sans cette fameuse capacité. Les deux côtés ont donc des possibilités d’abus, et dans un slasher, c’est rarement une bonne idée.

Enfin, les vélos posent un vrai problème. Pour faire simple, un survivant sur un vélo est un survivant pratiquement immortel tant il sera difficile de l’attraper. Il y a bien une manière de le faire, mais elle reste très discutable. Nous y reviendrons dans la partie consacrée aux problèmes de gameplay.
Le chat vocal de proximité
Une fonctionnalité qui peut surprendre, d’autant plus qu’elle permet aux deux équipes de communiquer entre elles, mais qui était déjà présente dans d’autres jeux développés par IllFonic.
Il faut le dire, c’est osé, mais pourtant très efficace. L’organisation du côté des survivants se fait plus facilement et, dès lors que Michael arrive, les différentes interventions des joueurs peuvent prêter à rire. Certains joueront le jeu du roleplay et simuleront la douleur ou la fatigue, donnant un véritable intérêt au chat vocal.
Cependant, il faut garder quelques réserves, car l’expérience que l’on peut en tirer dépend évidemment des joueurs rencontrés. Si, avec certains, les fous rires sont assurés, avec d’autres, il faudra savoir garder son sang-froid.
De nombreuses mécaniques pas expliquées
Si, du côté de Myers, on a droit à un rapide tour de ses différentes capacités avec le mode solo, pour ce qui est des survivants, il faudra apprendre sur le tas. Là encore, le jeu semble monté à l’envers. Dans Halloween: The Game, on a plus de chances de se retrouver du côté survivant, qui, comme on l’a vu, est nettement plus riche en contenu et en fonctionnalités que le côté Myers. Et pourtant, il n’y a aucun tutoriel dédié à cet aspect du multijoueur.
Il existe une manière d’arrêter Myers avec l’aide des shérifs, et c’est l’une des nombreuses fonctionnalités qu’il faut découvrir soi-même, puis essayer encore et encore pour comprendre comment la réussir. Après environ 13 heures de jeu, nous n’y sommes jamais parvenus.
Halloween: The Game propose également un système de deck. Pour faire simple, ce sont des bonus aléatoires qui pourront être utilisés lors de vos parties. Le principe est simple : trois cartes seront tirées aléatoirement et vous devrez choisir celle qui vous convient le mieux. Ce n’est expliqué à aucun moment.
Lorsqu’un survivant meurt, il continue tout de même de participer. Des successions de QTE apparaissent et il faut les réussir jusqu’à remplir complètement une jauge. Une fois celle-ci remplie, vous tirez des cartes qui donnent des bonus à vos équipiers… mais vous avez aussi la possibilité de revenir dans la partie en incarnant un shérif ou le docteur Loomis.

Le problème est qu’on ne comprend pas toujours le but de la manœuvre. Sachant que l’arrestation de Myers est pratiquement impossible, on revient dans la partie sans vraiment comprendre l’intérêt réel de cette seconde chance. Par ailleurs, cela retire presque de l’importance au fait de rester en vie en tant que survivant.
Bref, de nombreux aspects du gameplay sont très brouillons durant les premières heures et demanderont des efforts pour tout comprendre soi-même.
Des problèmes qui gâchent l’expérience
Malgré tout, le test d’Halloween: The Game a montré un jeu avec du charme. Surtout, plus on comprend le jeu, plus on finit par l’apprécier. Sauf que l’intelligence artificielle vient gâcher une partie de ce qui rend le jeu si particulier.
Les shérifs passent régulièrement leur temps collés à un obstacle, cherchant sans cesse un chemin. Quand ils l’ont enfin trouvé, il est courant que Myers effectue un meurtre pratiquement sous leurs yeux sans qu’ils réagissent. Pire, ils donnent même parfois l’impression de partir à un autre endroit sans tenir compte des coups de feu qui les entourent.
Pour les habitants, on retrouve le même problème. On se retrouve régulièrement à leur courir après et à avoir du mal à interagir avec eux, parce qu’ils foncent tout droit vers on ne sait où.
Lors de certaines interactions, comme les appels, il est durant quelques secondes impossible de raccrocher ou d’arrêter une conversation. Autrement dit, une fenêtre où vous ne pourrez tout simplement rien faire si Myers arrive.
D’autres bugs ont également perturbé les parties, notamment l’impossibilité de se déplacer après avoir échappé à une prise du meurtrier.
Le gameplay a beaucoup de potentiel, mais il est malheureusement encore mal exécuté. Les imperfections ne sont pas un problème en soi, mais les bugs gâchent vraiment une partie du plaisir.
Aspect technique
Halloween: The Game a donc des défauts, mais ceux-ci n’en font pas un mauvais jeu. Au contraire, les parties multijoueurs savent être très amusantes, et les différents concepts du jeu apportent un vrai plus. Le problème est que le titre souffre d’importantes lacunes techniques, et c’est en grande partie ici qu’Halloween: The Game va perdre beaucoup de points…
Le jeu ne propose pas de VF et a donc été testé en VOSTFR. Force est de constater que l’intégration des sous-titres n’a vraiment pas été peaufinée. Ceux-ci s’affichent sous la forme d’un gros bloc de texte par-dessus les cinématiques, ce qui rend difficile le suivi de l’action et leur lecture peu agréable.


Les bugs suivants ne se sont produits qu’à de rares reprises, mais, par souci de transparence, nous devons également les mentionner. Il est notamment arrivé que notre personnage passe un appel… sans avoir de téléphone en main. Autre problème, la carte s’est parfois chargée seulement en partie, laissant apparaître des textures buguées.
Pendant notre test d’Halloween: The Game, un problème s’est reproduit à chaque nouveau lancement du jeu. La première connexion à une partie provoquait plusieurs petites coupures de son, en plus d’un temps de chargement assez long. Nous avons alors regardé de plus près les ressources utilisées par le jeu…
Sur la même configuration, un jeu comme Onimusha: Way of the Sword, avec ses paramètres graphiques réglés au maximum, faisait monter notre processeur à environ 80 °C. Halloween: The Game, quant à lui, le faisait grimper jusqu’à une moyenne de 89 °C. Pour un titre proposant des cartes relativement modestes et des graphismes standards, difficile de ne pas penser qu’il existe un véritable problème d’optimisation.
Enfin, lors d’une partie, nous nous sommes retrouvés face à un Michael Myers capable de toucher ses victimes à des distances incroyables, parfois même à travers les véhicules. Nous n’avons constaté aucun problème de connexion de notre côté. Difficile donc de déterminer si le joueur trichait ou s’il s’agissait simplement d’un problème réseau propre au jeu.
Ces défauts sont d’autant plus difficiles à accepter qu’Halloween: The Game est commercialisé à environ 40 €, un tarif conséquent pour un titre donnant encore régulièrement l’impression d’être en phase bêta.
Conclusion
Ce test d’Halloween: The Game nous a laissés perplexes. D’un côté, le titre possède une vraie proposition et réussit très bien certaines choses. De l’autre, ses ambitions sont régulièrement gâchées par une technique qui n’est pas à la hauteur.
Le mode solo ne justifie pas, à lui seul, d’avoir le jeu dans sa bibliothèque. Cela dit, même s’il est dérangeant, il a le mérite d’exister et permet de revivre les événements du film du point de vue de Myers. Dommage qu’il n’y ait pas d’équivalent pour les survivants, ne serait-ce que pour découvrir leurs nombreuses actions possibles.
Le mode multijoueur constitue clairement le cœur du jeu et son principal intérêt. Il possède de bonnes idées et peut donner lieu à des parties aussi amusantes que tendues, mais son exécution reste trop fragile pour convaincre pleinement.
Les points d’intérêt et les habitants apportent une vraie dynamique, qui vous force à vous déplacer et à rester actif, tout en créant une fausse sensation de sécurité particulièrement efficace. Malheureusement, les problèmes d’équilibrage et l’IA bancale viennent trop régulièrement briser cette tension.
Les différentes cartes et leur direction artistique comptent parmi les principales réussites du titre. Les fans d’Halloween et de l’esthétique des années 1970 devraient être ravis.
Le système de loot et les véhicules rendent également le jeu plus dynamique et peuvent changer radicalement le déroulement d’une partie à l’autre.
Dommage, donc, que les nombreux problèmes techniques et l’IA viennent en partie gâcher un Halloween: The Game rempli de potentiel et de propositions intéressantes. De bonnes mises à jour pourraient le rendre bien plus compétitif face à ses concurrents directs, mais aussi beaucoup plus solide dans l’ensemble.
En l’état, difficile de le recommander sans réserve, même aux fans de la licence. Pourtant, derrière cette impression persistante de jouer à une bêta, il se cache un bon jeu asymétrique qui ne demande qu’à être peaufiné.

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