On a terminé la bêta de Mortal Shell II, et il y a pas mal de choses à en dire. L’ambiance, les graphismes mais surtout le gameplay seront au cœur de cette analyse.
- Contexte
- Mortal Shell, c’est quoi ?
- Mortal Shell II, un Soulslike qui annonce immédiatement la couleur
- Un gameplay exigeant et punitif
- Le boss et les mini-boss
- L’arbitre
- Magdalena, la boss de la bêta.
- La mort est elle-même punitive
- Du potentiel dans les builds
- La bêta donne un aperçu du contenu annexe
- Cold Symmetry vous met en garde
- Graphiquement, Mortal Shell II fait le travail
- L’aspect technique
- Que retenir de cette bêta ?
Contexte
Mortal Shell est développé par le studio Cold Symmetry et édité par Playstack. Le premier du nom est sorti en 2020 et a dépassé les 2 millions d’exemplaires vendus. À ce moment là, le studio était composé d’une quinzaine de développeurs en moyenne pour créer le jeu.
Pour cette suite, ils ont doublé leurs effectifs passant cette fois à une trentaine de personnes, et 6 ans plus tard, nous avons cette bêta.
Si vous ne connaissez pas Mortal Shell, vous pouvez totalement découvrir l’univers dans le deuxième opus, et nous allons de toute façon vous expliquer de quoi il s’agit !
Mortal Shell, c’est quoi ?
Mortal Shell est un action RPG Soulslike avec un univers dark fantasy, qui repose sur une mécanique assez unique en son genre. Il s’agit des Shells, que l’on peut aussi appeler les enveloppes, qui, en plus d’avoir chacun un aspect physique différent, ont également des compétences et des caractéristiques qui leur sont propres.
Peut-être commencez-vous à voir la puissance de cette mécanique. Dans le premier opus, on contrôle alors le Foundling ou littéralement l’Enfant trouvé.
C’est lui que le joueur contrôle et c’est à travers lui que l’on prend possession des différents Shells.

Autre particularité de cette mécanique, lorsque votre Shell, votre enveloppe donc, n’avait plus de vie, vous disposiez d’une deuxième chance. Le Foundling était expulsé de son Shell et le combat se poursuivait avec lui, qui était cependant plus vulnérable. La mort arrivait lorsque le joueur se faisait vaincre avec le Foundling. Il fallait donc tenter de récupérer son enveloppe pour se protéger davantage.
L’essentiel du lore en deux mots
Le monde est corrompu par la quête d’immortalité. Le Foundling est réveillé, dans les terres de Fallgrim, pour traquer les chefs religieux devenus fous. Guidé par le mystérieux prisonnier, le Foundling doit collecter leurs glandes sacrées et les lui rapporter.
Dans Mortal Shell II, le joueur incarne désormais le Harbinger, Héraut en français, un être prophétisé chargé de récupérer les Ova sacrés de l’Undermether. Les Ova, des sortes d’œufs sacrés, ont été dérobés et sont désormais protégés par différentes créatures et fanatiques. Pour accomplir sa mission, le Harbinger devra de nouveau prendre possession de plusieurs Shells et renverser les faux dieux qui règnent sur ce monde ravagé.

Mortal Shell II, un Soulslike qui annonce immédiatement la couleur
Après un prologue scénaristique, vous voilà avec le Harbinger et son Shell, lâchés un peu sauvagement dans le jeu. Clairement, l’univers dark fantasy saute aux yeux : c’est violent et très sombre. Même trop sombre… Au point qu’il a fallu mettre la luminosité au max pour avoir un confort suffisant. Par défaut, l’écran sur lequel le test a été fait a une luminosité très faible, mais cela n’a jamais provoqué ce souci auparavant.
La première découverte se fait à travers un level design très étroit au début, avec de petits couloirs qui rendent l’ensemble étouffant. Au final, le fait qu’il y ait tout de même plusieurs options d’itinéraires rend cela moins problématique. C’est probablement un choix que le studio a fait pour accentuer cette sensation d’un monde étouffant et hostile. Et c’est ce que l’on attend d’un jeu comme Mortal Shell II et de son univers dark fantasy.

Un gameplay exigeant et punitif
Ok, rentrons dans le cœur du sujet.
Mortal Shell II reste dans les classiques du genre : arme principale au corps à corps, arme secondaire à distance, esquive et parade sont évidemment de la partie. En revanche, comme expliqué plus haut, chaque Shell dispose de compétences comme la possibilité de figer temporairement les adversaires.
Les parades réussies dans les bons timings offrent la possibilité de faire une exécution sur l’ennemi, sans le tuer systématiquement.


Les combats sont particulièrement bien conçus, mais le système de focus à la manette peut parfois poser problème avec la caméra immersive.
Le changement de cible se fait avec le même joystick que celui normalement dédié à la caméra… Vous voyez le problème ? En voulant simplement observer autour de vous, par exemple pour éviter de tomber dans le vide, votre cible peut changer et vous pouvez rapidement vous retrouver dos à un ennemi.
Pour les combats par contre, c’est plutôt réussi, surtout du côté des ennemis. Tout d’abord, au cours des quelque trois heures de jeu pour finir le contenu de la bêta, on découvre déjà une bonne variété d’ennemis : Des monstres, des humanoïdes, des petits, des géants, certains au corps à corps et d’autres à distance… Tous avec leurs propres patterns et une panoplie de coups intéressante.

Les changements de vitesse d’attaque sont omniprésents et complexifient davantage les combats. Pour un même ennemi, les timings peuvent varier sur sa première attaque mais aussi durant le combat. Autrement dit, il ne suffit pas de connaître un pattern pour le contrer, il faut observer continuellement son adversaire.
De la même manière, les ennemis n’ont pas d’ordre de pattern prédéfini. Ils peuvent très bien enchaîner trois fois le même comme en utiliser trois différents. Sur la session, nous n’avons pas remarqué un schéma particulier. Cette variété renforce davantage le gameplay de Mortal Shell II qui se veut très exigeant et dynamique.
Par ailleurs, au cours de votre avancée, le jeu prendra un malin plaisir à vous mettre dans les pires situations ou à vous réserver des mauvaises surprises.
Un ennemi caché qui surgit brusquement en vous portant une attaque… Ou encore une passerelle qui s’effondre, vous donnant la sensation d’être un morceau de viande tombant au beau milieu d’une meute de fauves. Cold Symmetry est sadique.
Le boss et les mini-boss
Tous les mini-boss rencontrés dans cette bêta disposent de leurs propres compétences et de patterns uniques. Ils ont aussi la particularité d’avoir un système de tracking plus prononcé que les monstres classiques. Si, dans d’autres jeux, esquiver en prévention peut suffire, ce ne sera pas le cas ici. Il y a un timing d’esquive à respecter pour qu’elle soit vraiment efficace et, pour certains, ce timing sera chirurgical. Si vous n’arrivez pas à esquiver la prise d’un boss… Vous serez d’un côté subjugué par l’animation que vous allez voir, et de l’autre, vous allez avoir très mal.
En voyant la difficulté proposée par le jeu, on pouvait s’attendre à rencontrer un premier mur face à ces mini-boss. Autant ils ont tous un design très réussi qui en impose, avec des animations à la fois très violentes et spectaculaires, autant ils n’ont finalement pas été à la hauteur de la difficulté escomptée.
L’arbitre
Un seul a représenté une réelle difficulté. L’Arbitre.
Le mini-boss est impressionnant, lent et puissant. Malgré tout, il sait aussi surprendre avec des patterns qui augmentent drastiquement sa vitesse d’attaque, mais également sa portée. Comme les autres, ses coups sont punitifs et il faudra alterner entre esquive et parade.

L’une de ses particularités est qu’il vous feinte. Et c’est frustrant de voir à quel point c’est efficace. Il lance une animation d’attaque classique, vous déclenchez votre parade et la relâchez mécaniquement au moment où il est censé porter son coup… Sauf qu’il interrompt son attaque pour en lancer une autre, d’une manière complètement différente. J’ai rarement autant aimé me faire pulvériser par une feinte.
L’Arbitre a cependant quelques mécaniques qui peuvent s’avérer très frustrantes.
Que sa portée augmente sur certains enchaînements est une chose, mais lorsqu’il lance sa prise, l’esquive devient extrêmement exigeante. Non seulement sa portée est assez folle, mais le timing doit être au pixel près. Avec une telle portée cumulée au tracking de l’attaque, vous pouvez oublier l’esquive anticipée si vous n’êtes pas à une très bonne distance de lui.
Par ailleurs, il effectue également une sorte de dash avant certains enchaînements, difficilement perceptible tant il est rapide. On pourrait presque y voir une mini-téléportation entre deux frames. Autrement dit, il augmente brusquement sa portée avant d’enchaîner avec une frappe rapide qui devient particulièrement difficile à éviter.
Chez GameBreak, on tryhard, donc au final on a aimé ce challenge. Mais un petit drapeau de vigilance est tout de même posé sur ce genre de mécanique. Une partie des joueurs va adorer, une autre peut décrocher.
Magdalena, la boss de la bêta.
Là encore, Cold Symmetry propose une DA imposante, mais un boss qui nous laisse sur notre faim. Il ne nous aura fallu pas plus de deux essais pour en venir à bout…

Elle est globalement réussie, mais la difficulté n’est pas vraiment au rendez-vous. D’autant plus que le principal obstacle face à elle sera surtout la lecture de ses attaques au corps à corps. Ce n’est pas directement Magdalena qui est animée, mais son espèce de char, ce qui rend certains coups difficiles à anticiper. On le voit bouger, mais pas forcément au moment où l’attaque est censée connecter.
La mort est elle-même punitive
Le jeu vous pousse dans vos retranchements et joue avec vos nerfs. Sur cette bêta, certains checkpoints étaient vraiment très, très espacés. Cela a un double intérêt : Rendre la mort plus punitive qu’elle ne l’est déjà, mais aussi vous mettre en situation de stress dès que quelque chose tourne mal.
Vous vous souvenez quand on vous disait que Cold Symmetry prenait un malin plaisir à vous mettre dans les pires situations ? Imaginez-vous tomber dans cette sorte de fosse aux lions à quelques mètres d’un checkpoint, après avoir combattu plusieurs dizaines de monstres, dont certains étaient particulièrement difficiles.
Toutefois, une fois vaincus, vous n’aurez plus à recombattre les mini-boss. Il ne faut pas abuser non plus.
Cela dit, concernant la mort, et notamment face à l’Arbitre, le temps de chargement pouvait finir par sembler assez long. Il s’agit d’environ trois à quatre secondes de chargement, ce qui n’a rien d’excessif en soi. Mais dans un die and retry, après une dizaine d’essais, l’attente cumulée devient pesante. Surtout si vous vous êtes fait tuer par une prise qui comporte elle-même une animation de plusieurs secondes.
Du potentiel dans les builds
Un autre point fort de Mortal Shell II est le potentiel de variété des builds.
Comme expliqué précédemment, les Shells que vous pouvez utiliser sont variés et potentiellement nombreux. Sur la bêta nous avons pu en tester deux : Harros, le vassal, qui se joue comme un guerrier avec la possibilité de figer le temps et Tiel, l’acolyte, qui se joue comme un assassin avec une faculté de devenir invisible et poignarder une cible.

Ce n’est pas tout, avec ces Shells, vous avez aussi une sorte d’arbre de talents qui leur est propre et qui permet d’obtenir différents bonus.
Côté équipement, vous serez également servi. Vous pourrez bien évidemment changer l’arme principale et secondaire, mais aussi le sceau et les fossilithes. Les sceaux sont des objets qui vous apportent un bonus sur une parade réussie et les fossilithes sont également des objets équipables qui vous donnent des caractéristiques, mais aussi des compétences.
Quand il n’y en a plus, il y en a encore. La Forge Fossile sera aussi un élément essentiel pour améliorer vos armes et vous permettre de faciliter vos différents affrontements.
Bref, vous l’aurez compris, il y aura pas mal de temps à passer pour avoir tous ces objets, et le potentiel de builds est quand même intéressant.
La bêta donne un aperçu du contenu annexe
En plus de l’histoire principale, Mortal Shell II propose du contenu alternatif, et pas uniquement des mini-boss annexes. La purification des balises et des portails corrompus saura vous occuper quelque temps.
Ces zones sont des sortes de cryptes, généralement très sombres, dans lesquelles vous devrez affronter de nombreux ennemis et quelques mini-boss. À la clé, différentes récompenses qui pourront vous aider dans la suite de votre aventure.

Cold Symmetry vous met en garde
Le studio américain se montre aussi poétique avec une scène d’introduction jouable qui pose l’ambiance. Vous avancez simplement sur un pont, au loin vous apercevez les différentes zones du monde, ravagées pour certaines, hostiles pour d’autres, le tout au rythme d’une musique remplie de désespoir. Cold Symmetry vous met en garde : Vous n’y arriverez pas. Un défi, en quelque sorte.
Le jeu n’a, pour le moment, pas particulièrement brillé par sa narration, mais ce genre de séquence apporte une vraie plus-value. Non seulement elle renforce l’immersion, mais elle permet aussi de respirer. Espérons qu’il y en aura d’autres.
Graphiquement, Mortal Shell II fait le travail
Le jeu est beau, c’est fluide et nous n’avons pas constaté de baisse de framerate, avec l’ensemble des paramètres graphiques réglés en élevé.
La réalisation est pourtant assez chargée, entre les giclées de sang, les différentes animations, les prises des monstres et autres finishers… Mais le constat est là : c’est beau et agréable à jouer
Du côté des environnements, c’est tout autant réussi notamment le village qui est une bonne surprise.
Cela dit, on parle toujours d’une bêta. Bien qu’elle soit prometteuse, il ne faut pas prendre tout cela pour acquis.
L’aspect technique
Techniquement parlant, la bêta n’a pas été exempte de problèmes.
Tout d’abord, le jeu a été testé avec le FSR activé et les sous-titres clignotaient sans cesse. Puis, après une cinématique, nous nous sommes retrouvés face à un écran noir alors que l’on pouvait entendre le Harbinger bouger en arrière-plan. Après avoir désactivé le FSR, ces problèmes ne sont plus réapparus. Ils semblent donc liés à cette option. Espérons que celui-ci sera correctement gérée pour la version finale.
Lors d’un événement dans un portail corrompu, les monstres ne sont tout simplement pas apparus, tandis que certains étaient bloqués dans le décor. Ce sont des bugs assez classiques des phases d’alpha et de bêta-test, mais qui méritent tout de même d’être soulignés.
Enfin, la luminosité demande tout de même un réajustement. Bien qu’il soit logique, compte tenu de son univers dark fantasy, que le jeu conserve un aspect très sombre, la lisibilité n’était vraiment pas confortable avec les réglages par défaut.


Que retenir de cette bêta ?
Cold Symmetry met les petits plats dans les grands. Mortal Shell II a ce qu’il faut pour être un action-RPG Soulslike marquant. Il trouve son originalité avec son système de Shells et son exigence dans le gameplay. Les combats ne se résument pas à une succession de mécaniques à appliquer après les avoir mémorisées, et c’est ce qui fait la force du jeu. Plus encore, Cold Symmetry ne cesse de vous tester, notamment à travers des ennemis capables de vous feinter.
Cependant, la bêta a aussi mis en exergue quelques défauts, notamment la gestion complexe entre la caméra et le ciblage, ainsi qu’un jeu beaucoup trop sombre par moments. Côté technique, il reste également quelques vis à resserrer.
Cette bêta a montré beaucoup de potentiel, notamment du côté des builds et des activités annexes. Maintenant, il reste à voir si le jeu complet exploitera réellement l’ensemble des mécaniques et des contenus proposés.
Le jeu sort le 20 août 2026. Si vous aimez les Soulslikes, c’est un titre qui pourrait clairement vous plaire. Mais attention, il peut aussi s’avérer extrêmement frustrant.
Si vous aimez les RPG mais que les Soulslikes ne sont pas votre tasse de thé, vous devriez faire un tour du côté de Beast of Reincarnation.

Partagez votre avis ! 🙂 Assurez-vous simplement que votre message respecte bien la charte de la communauté.