À mi-chemin entre le RPG tactique et le visual novel, Qliphah in Providence’s Shadow impressionne d’abord par sa direction artistique, son univers particulièrement dense et un système de combat original. Malheureusement, derrière ces nombreuses qualités se cache une aventure parfois trop complexe et peu renouvelée. Les répétitions finissent par dégrader l’expérience.
Avant-propos
Date de sortie : 24 septembre 2026
Disponibilité : PS5, Nintendo Switch et PC
Obtention du jeu : Clé presse
Jeu terminé, une moitié en mode Normal, le reste en mode Histoire.
Nombre d’heures : plus de 13h
Audio : voix japonaises sous-titrés français
Testé sur PC
Présenté pour la première fois en juin 2026 lors de l’ARC SYSTEM WORKS Showcase, Qliphah in Providence’s Shadow nous avait notamment intrigués par son identité visuelle et son système de combat reposant sur une timeline. Nous avions hâte de pouvoir le tester, car il semblait proposer quelque chose de nouveau en matière de gameplay.
Lors de notre test de Qliphah in Providence’s Shadow, nous avons rapidement constaté qu’il n’existait pas de monde à explorer, puisque la progression se passe entièrement via une carte interactive. Nous avons donc remplacé la section “World design” par “Enquête et carte interactive”.
Contexte
L’histoire se déroule à Tokyo en 2030, après une catastrophe appelée “l’effondrement du monde”. La réalité a été altérée et des sortes de démons, appelés Ascendants, errent désormais librement.
Plusieurs phénomènes peuvent également transformer les humains en aberrations. Des organisations criminelles vendent notamment une drogue qui provoque ces mutations, tandis qu’une secte s’est formée autour de ces événements. La réalité continue ainsi de se déformer, entraînant le monde vers sa destruction.
Démarrage
Nous découvrons Rena Hizuki, une enquêtrice de police très atypique. Elle est également une pacificatrice, le terme donné aux agents qui combattent les Ascendants et tout ce qui relève de la corruption démoniaque.
Les premières secondes se déroulent dans l’un de ses cauchemars. Nous y découvrons un monstre sans vraiment savoir de quoi il s’agit. Rena, qui semble garder le contrôle de ses émotions, dégaine alors son épée et déclenche son “œil démoniaque”. Le didacticiel commence à travers ce premier combat.
Une fois celui-ci terminé, le jeu nous dévoile Tokyo en 2030, ravagée par l’effondrement du monde. Rena se rend sur un lieu d’enquête où la corruption semble avoir tout détruit. Alors qu’il ne paraît y avoir aucun survivant, un jeune homme lui demande son aide.

Il s’agit de Soma Hoshigami, notre second héros, qui n’était jusqu’alors qu’un simple livreur. Il explique être arrivé à destination avant que quelque chose ne l’attaque. Il s’est ensuite réveillé au milieu de ce chaos, sans comprendre ce qui s’était passé.
Rena se montre immédiatement méfiante et le soupçonne d’être un “hybride”. Après avoir remarqué les marques présentes sur le bras de Soma, son verdict est sans appel : Le jeune homme est une anomalie et ne possède désormais plus aucun droit. En d’autres termes, il est déjà considéré comme mort.
Placé sous la responsabilité de Rena, il va devoir apprendre à contrôler ses nouveaux pouvoirs à ses côtés.
Enquête et carte interactive
Qliphah in Providence’s Shadow ne propose aucune exploration, pas même une progression à travers des couloirs. Tout s’articule autour d’une carte interactive, renforçant sa proximité avec le visual novel.
Une carte dynamique
La carte interactive représente Tokyo et ses alentours. Au début, seule une partie de celle-ci est accessible et présente différents points d’intérêt. Parmi eux, on retrouve les lieux d’effondrement, où la corruption atteint son maximum et où les monstres sont les plus puissants, mais aussi différents points d’enquête.
Qliphah in Providence’s Shadow contient également un cycle jour/nuit susceptible d’influencer le déroulement des enquêtes selon le moment où elles sont menées. Par exemple, des lieux qu’il faudra examiner uniquement de nuit. Dès que vous interagissez avec un point de la carte pour l’inspecter, la journée ou la nuit s’écoule.
Il existe aussi un compte à rebours en nombre de jours et fixé par l’Oracle, une sorte d’intelligence artificielle surpuissante capable de prédire certains événements. Si ce délai est dépassé, cela signifie que la corruption s’est suffisamment répandue pour rendre les ennemis beaucoup plus puissants.

À force de résoudre des enquêtes et de récolter des informations en vous rendant dans les lieux indiqués, un tableau d’enquête se remplit progressivement de différentes fiches. Celles-ci contiennent des informations importantes ou annexes sur l’histoire. Par ailleurs, la carte interactive s’agrandit au fil de la progression.
Enfin, en accomplissant les missions, Rena et Soma gagnent des points de recherche. Ces points permettront d’acquérir des capacités. Cependant, pour en débloquer certaines, il faudra résoudre des énigmes au préalable…
Des énigmes à résoudre
Qliphah in Providence’s Shadow comporte énormément d’énigmes où il faudra résoudre des mots de passe. De nombreuses compétences ne seront pas accessibles sans ces fameux codes, composés de quatre à douze caractères. On parle bien de caractères, puisqu’ils peuvent contenir des chiffres ainsi que des lettres minuscules et majuscules. Autant vous dire qu’il faudra se creuser la tête.
On pouvait s’attendre à trouver des réponses assez évidentes lors des premières énigmes, mais ce n’est pas le cas. Qliphah in Providence’s Shadow nous pousse à inspecter chaque illustration, chaque élément du tableau d’enquête, mais aussi les réseaux sociaux consultables depuis l’interface de la carte. Il faudra véritablement enquêter pour trouver les réponses !
Un système répétitif
Durant les premières heures, le principe est intéressant. Il faut cependant avouer qu’après trois à quatre heures de jeu, la carte devient lassante et finit presque par freiner l’aventure.
En effet, la carte interactive est riche en informations, peut-être même trop. Il devient difficile de tout lire sans ressentir un certain ras-le-bol face au manque de véritables phases de jeu ou de cinématiques à contempler. Une grande partie de ces informations enrichit l’univers sans être indispensable à la compréhension du scénario principal, ce qui pousse à arrêter de tout lire.
Lors de notre test de Qliphah in Providence’s Shadow, nous avons consacré près de 80 % de notre temps de jeu à la lecture d’innombrables textes et informations. C’est un vrai problème pour un jeu qui mêle visual novel et RPG. À tel point que l’on finit par espérer que chaque point d’enquête débouche sur un combat, au risque d’être déçu, voire frustré, lorsque ce n’est pas le cas.
Direction artistique
La direction artistique nous laisse sur notre faim. Qliphah in Providence’s Shadow possède pourtant une identité très réussie, qui nous a séduits durant les premières heures. Cependant, on se rend rapidement compte que la proposition visuelle manque cruellement de variété et que la lassitude finit par gâcher l’expérience.

Rena en constitue la plus grande réussite. Très charismatique et éloignée des standards habituels des héroïnes, elle remplit parfaitement son rôle de pacificatrice hors pair. Soma s’inscrit davantage dans les standards du genre, mais n’en reste pas moins marquant.
Les ennemis
La variété des ennemis rencontrés tout au long de l’aventure est extrêmement faible, ils sont moins d’une dizaine. Bien que leurs apparences soient réussies, on finit par enchaîner les combats sans plus vraiment s’intéresser aux anomalies affrontées, tant ce sont toujours les mêmes.

Du côté des boss, les quelques adversaires présents sont eux aussi très réussis visuellement et proposent des mises en scène intéressantes. Cependant, ils sont trop peu nombreux, et c’est bien dommage. Les boss font partie des principaux attraits de Qliphah in Providence’s Shadow.
Illustrations et décors
Ici aussi, Qliphah in Providence’s Shadow réussit à nous donner un aperçu de son univers, plutôt convaincant, à travers différentes illustrations qui feront office de cinématiques.
Là encore, le même problème survient. Qu’il s’agisse des illustrations, des décors ou même des zones de combat, tout est beaucoup trop réutilisé.
Les mises en scène des affrontements ne sont pas épargnées. Il devient même parfois difficile d’en comprendre la logique… Alors que l’action est censée se dérouler dans un bâtiment, le combat peut prendre place sous un pont.

Au final, la direction artistique possède énormément de potentiel et le peu qui est proposé se montre très convaincant. Malheureusement, l’ensemble est beaucoup trop recyclé et vient gâcher l’expérience.
Enfin, Qliphah in Providence’s Shadow ne brillera pas par ses graphismes. On pouvait pourtant s’attendre à en prendre plein les yeux, étant donné l’absence d’exploration et le très faible nombre d’environnements différents… Une déception.
Gameplay
Le gameplay de Qliphah in Providence’s Shadow est pour le moins original. Il n’est pas exempt de défaut mais propose une expérience intéressante qui finira par, elle aussi, devenir lassante à force d’affronter les mêmes ennemis.
Un système de combat original
Le système de combat de Qliphah in Providence’s Shadow repose sur un mélange entre action en temps réel et gestion tactique. Le joueur contrôle simultanément Rena et Soma, chacun disposant de ses propres techniques et d’une file d’actions indépendante qui seront exécutées dans l’ordre choisi.
À tout moment, il est possible de mettre l’affrontement en pause afin d’analyser le combat pour sélectionner les prochaines capacités adaptées, ou de réinitialiser les files d’attente des actions.
En parallèle, une timeline permet de suivre les prochaines actions des ennemis. Il faut donc anticiper leurs attaques, surveiller les temps de recharge de ses techniques et préparer les réactions appropriées.

Sur le papier, le système peut sembler particulièrement complexe. Pourtant, la possibilité d’arrêter le temps et de modifier les actions programmées rend le contrôle de Rena et Soma étonnamment ergonomique. Sur manette, le personnage actif se contrôle avec les boutons d’action classiques, tandis que les capacités du second s’utilisent avec la croix directionnelle. Une véritable réussite, tant il aurait été facile de rendre la gestion simultanée des deux personnages confuse ou désagréable.
Le choix des compétences
Comme expliqué dans la partie consacrée à la carte interactive, des compétences pourront être débloquées en accomplissant des missions et grâce aux points de recherche. Au fil de l’aventure, vous aurez donc accès à un grand nombre de capacités, qui pourront elles aussi être renforcées avec des points de recherche.
Cependant, vous devrez faire des choix. Les deux personnages pourront chacun équiper six capacités actives, en plus de la parade et de l’arrêt du temps, ainsi que quatre capacités passives.

Si, en mode histoire, le choix des capacités n’a pas une grande importance, il faudra davantage se creuser la tête en mode normal, surtout une fois la seconde moitié du jeu atteinte.
On regrettera cependant que la majorité des compétences supplémentaires ne correspondent à aucune des couleurs utilisées pour les contres. La couleur verte n’est jamais utilisée par les ennemis.
Cela dit, on retrouvera tout de même des capacités défensives permettant de regagner de la vie, mais aussi des techniques capables d’améliorer les caractéristiques et les attaques des personnages.
Contres, esquives et jauge Psy
Certains adversaires, principalement les boss, possèdent une jauge Psy. Celle-ci se remplit progressivement au cours du combat, mais augmente davantage lorsque l’un des deux personnages est touché ou projeté. Si elle atteint 100 %, c’est un game over.
Pour éviter cela, il faudra effectuer des contres, parfois en duo, mais aussi réussir des parades ou des esquives parfaites. À noter qu’en mode normal, ces actions ne réduisent pas la jauge, mais permettent uniquement de la stabiliser. Autrement dit, les erreurs ne sont pas rattrapables et il faudra éviter de les multiplier.
Le fonctionnement des contres est plutôt ingénieux. Pour contrer une attaque, il faut lancer au bon moment une technique du même type, représentée par la même couleur que celle utilisée par l’adversaire.
Si cette méthode fonctionne dans la majorité des cas, certaines attaques de boss nécessitent un contre en duo. Les deux personnages doivent alors utiliser une technique de la couleur demandée avec le bon timing, sans quoi le contre échoue.

Ce système oblige à ne pas lancer toutes ses capacités sans réfléchir, au risque de ne plus disposer de la bonne réponse lors d’un moment critique.
C’est d’ailleurs ici que l’arrêt du temps et la réinitialisation des files d’actions prennent tout leur sens. Si une technique programmée ne correspond plus au contre nécessaire, il peut être judicieux de modifier l’ordre des actions avant qu’elle ne soit exécutée.
Les parades suivent un fonctionnement similaire et peuvent, elles aussi, être intégrées aux files d’actions des deux personnages en temps réel.
Concernant les esquives, elles ne peuvent être effectuées que par le personnage directement contrôlé, tandis que l’autre se débrouillera automatiquement.
L’esquive est la seule action dépourvue de temps de recharge. Bien qu’elle permette d’annuler une capacité en cours d’exécution, il est impossible d’effectuer une autre action pendant son animation.
Par ailleurs, le timing des esquives parfaites est particulièrement précis et demandera un peu de pratique.

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Les limites du gameplay
Le système de combat fonctionne, mais peut se révéler frustrant et finit par ne plus vraiment focaliser l’attention du joueur ou de la joueuse sur le combat en lui-même.
Tout d’abord, lorsque le personnage contrôlé n’a plus aucune action en cours dans sa file d’attente, le jeu passe en slow motion. Et c’est un problème.
Le fait de passer le jeu en slow motion, alors que l’on a la possibilité de mettre le combat en pause, n’a pas vraiment de sens… Et cela devient frustrant lorsqu’on attend simplement le bon timing d’action.
Comme expliqué au-dessus, le contre en duo sera parfois la seule réponse adéquate. Dans cette situation, il est préférable d’attendre la prochaine capacité de l’adversaire pour éviter de gaspiller des cartouches dans le vide… Ou même simplement pour envoyer une capacité au bon moment.
Pour éviter le slow motion, on se retrouve alors à envoyer des esquives dans le vide… Sauf que si c’est mal calculé, on peut vite se retrouver dans une situation où il devient impossible de répondre à une attaque dévastatrice de l’ennemi, puisque notre personnage est encore en pleine animation d’esquive.
L’autre problème, c’est que l’on finit par simplement lire la timeline de l’adversaire plutôt que de réellement vivre le combat. C’est d’autant plus dommage qu’un indicateur visuel de couleur est directement présent sur les ennemis et qu’il aurait très bien pu remplir ce rôle sans la timeline.
On notera aussi le manque de variété des animations. Il y avait pourtant matière à varier les plaisirs en fonction des techniques utilisées et de l’ennemi affronté.
Enfin, il est dommage de ne pas pouvoir définir une cible différente pour chacun des personnages, les deux ciblent systématiquement le même adversaire.
En bref
Le gameplay est original et plutôt bien pensé. Lors des combats multicibles, il faudra rester concentré et jouer avec le changement de cible pour contrer, infliger un maximum de dégâts et se protéger. Qliphah in Providence’s Shadow sait se montrer très dynamique et particulièrement exigeant lors de certains affrontements.

La première moitié du jeu se déroule particulièrement bien : Le gameplay est fluide et il n’y a pas spécialement de difficulté à vaincre les ennemis. Cela dit, la seconde moitié se montre beaucoup plus punitive et demande une meilleure maîtrise des mécaniques. Les affrontements s’enchaînent à un rythme de plus en plus soutenu et l’on se retrouve régulièrement en infériorité numérique.
Les boss seront de plus en plus difficiles, la jauge Psy se montrera très punitive et le jeu se terminera sur un affrontement final particulièrement long et exigeant.
Qliphah in Providence’s Shadow propose un gameplay original et ergonomique.
Malgré ses qualités, le gameplay peut également s’avérer frustrant et impose parfois un rythme beaucoup plus lent lors de ses phases de slow motion. De plus, hormis certains combats de la dernière partie du jeu, on se contente souvent de fixer la timeline de l’adversaire et d’y répondre du mieux possible, sans vraiment regarder l’affrontement.
Enfin, le jeu souffre cruellement d’un manque de variété, et c’est son principal point noir, qui se ressent aussi dans le gameplay. Mis à part les boss, on fait très rapidement le tour des différents adversaires et les combats perdent de leur intérêt. Indéniablement, cela affecte négativement l’expérience et pèse donc sur la note finale…
Scénario et Narration
Lors de notre test de Qliphah in Providence’s Shadow, nous ne nous attendions pas vraiment à découvrir une dimension aussi proche du visual novel, et encore moins un scénario aussi développé et complexe.
Malheureusement, si le jeu nous offre une véritable cinématique d’ouverture dans laquelle Arc System Works démontre son savoir-faire, il n’en contient ensuite que trop peu. Autrement dit, si vous êtes du genre à vouloir vous poser et contempler des cinématiques pour découvrir progressivement le scénario, ici, tout passera par la lecture… Énormément de lecture.
Un univers particulièrement dense
L’un des plus grands points forts de Qliphah in Providence’s Shadow se trouve dans la richesse de son univers. Le jeu ne se contente pas de raconter l’enquête de Rena et Soma. À travers les différentes fiches du tableau d’enquête, les témoignages et les publications sur le réseau social, on constate les conséquences de la corruption sur l’ensemble de la population et sur sa manière de vivre.
Ces nombreux éléments permettent d’en apprendre davantage sur les Ascendants, le trafic de drogue et ses conséquences, ainsi que les différents phénomènes liés à l’effondrement du monde. Certaines informations peuvent sembler anecdotiques, mais finissent par prendre tout leur sens au fil de l’aventure.
Par exemple, une femme explique sur le réseau social que son enfant va mal depuis un voyage en train. Celui-ci serait devenu étrange et aurait l’impression de voir des yeux partout. Plus tard, l’enquête nous conduit justement dans le métro, où nous affrontons une entité capable de transformer les humains en Ascendants par sa simple présence.

Ce genre de lien entre les publications, les enquêtes et les affrontements montre qu’un véritable travail a été réalisé sur la cohérence du monde. Les événements donnent l’impression qu’une catastrophe bien plus vaste se déroule en parallèle et touche directement les habitants, mettant davantage l’accent sur l’urgence de la catastrophe.
Entre les véritables témoignages et les “fake news”, il faudra faire le tri. Rena et Soma ont également pour mission de vérifier la véracité des différentes alertes.
Une narration difficile à suivre
Cette richesse possède malheureusement un revers… Qliphah in Providence’s Shadow introduit énormément de concepts, de personnages et d’organisations sans toujours prendre le temps de les expliquer correctement. Dès les premières minutes, le jeu nous envoie énormément de termes techniques et importants sans que l’on comprenne réellement leur signification.
À l’inverse, tout au long de l’aventure, on retrouve énormément de précisions très techniques sur des éléments secondaires, comme les différents procédés employés pour créer certaines drogues. Ces notions pourraient être expliquées plus simplement afin d’alléger et fluidifier la compréhension du lore.
Le scénario est approfondi, mais la manière dont les informations sont transmises le rend parfois inutilement difficile à suivre.
Certaines notions sont rapidement survolées avant d’être réexpliquées plusieurs heures plus tard, tandis que d’autres sont répétées alors qu’elles ont déjà été suffisamment développées. Le jeu semble attendre que les enquêtes soient réalisées dans un ordre précis pour que les révélations restent cohérentes, sans jamais vraiment indiquer lequel.
Il est donc possible de découvrir les conséquences d’un événement avant d’en comprendre véritablement l’origine. Cela n’a pas de conséquence majeure et ne spoilera rien en amont, mais rend la narration plus difficile à suivre.

Par ailleurs, Soma aurait pu servir de point d’entrée idéal dans cet univers. Lorsqu’il rencontre Rena, il ne comprend absolument rien aux Ascendants, à la corruption ou aux différentes organisations qui l’entourent. Le joueur ou la joueuse peut facilement s’identifier à lui.
Cependant, il emploie très rapidement certains termes et semble maîtriser le fonctionnement de ce monde. Pourtant, il n’y a que très peu de dialogues dans lesquels Rena lui explique réellement ce qui l’entoure. Elle ne fait que survoler certaines notions. Il en résulte que l’on se retrouve souvent à se poser des questions, voire à relire d’anciens rapports pour essayer de comprendre.
La quantité de lecture accentue également ce problème. Les informations importantes se retrouvent mélangées aux nombreux détails annexes présents dans les dialogues, les fiches d’enquête et les publications du réseau social. Lire l’intégralité de ces éléments permet probablement de mieux comprendre l’univers, mais il devient difficile de déterminer ce qui est indispensable au scénario principal et ce qui sert uniquement à approfondir le lore.
Des informations qui peuvent sembler importantes, ne seront jamais révélé.

Le problème se retrouve également dans l’évolution de la relation entre Soma et Rena. Au début, Soma est placé sous la responsabilité de Rena en étant soupçonné de représenter un danger. Leur relation évolue et ils deviennent plus amicale, mais sans que l’on assiste réellement à leur rapprochement. Énormément d’événements semblent se dérouler en coulisses.
Qliphah in Providence’s Shadow possède donc un scénario particulièrement travaillé, mais qui aurait gagné à être présenté de manière plus progressive et mieux structurée. Même après avoir fini le jeu, il y a énormément d’éléments qui restent en suspens.
Une immersion mise à mal
Pour un joueur ou une joueuse appréciant les visual novels, la place importante accordée à la lecture pourra sans doute faciliter l’immersion. Dans notre cas, il faut avouer que les longs moments passés sans tout comprendre ont rendu l’immersion particulièrement difficile.
Un visual novel peut parfaitement captiver grâce à son écriture, ses personnages et sa mise en scène. Le problème ici, c’est l’accumulation d’informations brutes et complexes, sans que l’on assiste suffisamment à de véritables scènes. Tout cela donne l’impression de consulter une succession de rapports plutôt que de réellement vivre une histoire.

Durant les premières heures, les mystères entourant Rena, Soma et les Ascendants donnent réellement envie de comprendre ce qui se déroule à Tokyo. Cependant, cette curiosité se perd face à certains concepts mal expliqués et aux répétitions d’explications déjà comprises.
Au fil de l’aventure, nous avons donc fini par ne plus lire l’intégralité des informations annexes. À un certain stade, la progression ne se faisait que dans le but d’atteindre le dénouement sans chercher plus de détails.
Autrement dit, Qliphah in Providence’s Shadow a fini par nous décrocher de sa narration devenue, par moments, indigeste.
La dernière partie réussit heureusement à raviver une partie de cet intérêt. Le rythme s’accélère, les affrontements s’enchaînent et les mystères s’éclaircissent.
Cette montée en tension arrive néanmoins trop tard pour effacer la distance installée au cours des heures précédentes. C’est particulièrement dommage, car l’univers de Qliphah in Providence’s Shadow possède suffisamment de matière pour proposer une aventure bien plus immersive.
Sound design
L’ambiance sonore de Qliphah in Providence’s Shadow est plutôt réussie, surtout lors des phases de narration. En effet, le sound design vient intelligemment accompagner la narration, notamment pendant certains dialogues au cours desquels on peut, par exemple, entendre la transformation des humains.
Arc System Works parvient brillamment à faire travailler l’imagination du joueur ou de la joueuse grâce au sound design.
Le jeu ne possède aucun doublage français et notre test a donc été réalisé en VOSTFR. Le doublage est lui aussi particulièrement réussi et les différentes voix se montrent très convaincantes.
Tout au long de l’aventure, nous sommes accompagnés par de la musique. Si celle-ci est bien dosée pendant les combats et apporte un véritable plus, elle devient plus dérangeante lors des moments de lecture sur la carte interactive. Et, comme nous l’avons déjà expliqué, il y a énormément de lecture. Une légère diminution du volume, lors de la navigation dans le tableau d’enquête, aurait amélioré le confort et rendu l’expérience plus agréable.
Enfin, lors du boss final, la musique fait son boulot. Elle est aussi dynamique que le combat et lui donne un rendu épique. Cependant, lorsque le morceau recommence, un silence de plusieurs secondes se fait entendre. On ne peut alors s’empêcher de remarquer la boucle musicale, qui se termine systématiquement par ce long silence et vient légèrement gâcher cette dernière mise en scène.
Conclusion
Le test de Qliphah in Providence’s Shadow nous laisse perplexes. Le jeu propose une expérience pour le moins originale, sous la forme d’un visual novel couplé à un RPG. L’univers est dense, le scénario est travaillé et le potentiel narratif est énorme.
Cependant, la complexité du scénario, couplée au fait qu’une grande partie du lore soit transmise à travers du texte, rend l’ensemble difficile à suivre. Soma aurait justement pu nous permettre de comprendre, en même temps que lui, plus simplement les différentes problématiques.
De plus, quelques cinématiques permettant de mieux montrer le renforcement du lien entre Soma et Rena, tout en rendant le scénario plus limpide, auraient rendu l’expérience d’autant plus immersive. D’ailleurs, ces cinématiques auraient également rendu la carte interactive plus digeste. Bien que celle-ci soit bien intégrée et bien pensée, elle contient souvent beaucoup trop d’informations.
La direction artistique est une réussite, que ce soit dans le design de nos héros, des ennemis, des décors ou même des illustrations. Le véritable problème est le manque cruel de variété. L’univers se renouvelle beaucoup moins visuellement qu’il ne se développe textuellement.
C’est tout le problème. Pour un pur visual novel, cela aurait été moins gênant, mais la dimension RPG permettait d’attendre davantage de variété.
Bien que le gameplay soit perfectible, la proposition reste convaincante. L’ergonomie est une vraie réussite et les combats procurent de bonnes sensations, surtout contre certains boss. Si, en mode histoire, le jeu est plutôt simple, le mode normal représente parfois un véritable défi.
Qliphah in Providence’s Shadow brille principalement lorsqu’il place les joueurs et les joueuses dans des situations difficiles, face à des boss ou à plusieurs ennemis. Cependant, là encore, le manque de variété vient gâcher l’expérience. On finit par refaire encore et encore les mêmes combats, avec l’impatience de rencontrer enfin un boss pour profiter pleinement du gameplay.
Si Qliphah in Providence’s Shadow proposait davantage de variété dans tous ses aspects, le jeu serait à un tout autre niveau. Il possède un énorme potentiel, son gameplay est très intéressant et ses personnages sont attachants, mais son exécution ne le met pas suffisamment en valeur.
Une proposition originale et ambitieuse, mais trop peu renouvelée pour transformer son immense potentiel en une aventure réellement marquante. Cela dit, si vous appréciez les visual novels, Qliphah in Providence’s Shadow pourrait bien vous plaire.

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